2 décembre 1805. A quelques kilomètres à l'ouest d'Austerlitz, en Moravie (actuelle Rép. Tchèque), de chaque côté du plateau de Pratzen, 20 000 soldats se font face. Dans quelques heures, la plus grande bataille napoléonienne commencera.
Dans le camp français, les soldats essaient de se reposer et de se réchauffer avant la bataille. Soudain, un homme s'empare d'un cheval et part au galop vers le camp ennemi. Mais, repéré par des cosaques russes, il doit faire demi-tour.
Sur le chemin du camp, un tronc d'arbre fait tomber notre homme de sa monture. On accourt, on le relève. Qui est-ce ? Un éclaireur maladroit ? Non, c'est Napoléon !!
Les soldats, ayant vu la scène, se mettent à hurler : "Vive l'Empereur !", les chants révolutionnaires et impériaux s'élèvent alors ensemble sous la clarté des torche allumées. L'euphorie gagne rapidement toute la Grande Armée, et la chute maladroite de l'Empereur est vite oubliée.
Les origines de la bataille
La bataille d'Austerlitz va être décisive, c'est elle qui va décider du sort de l'Empire Français.
Car Georges III, roi d'Angleterre, a monté une coalition contre lui. N'ayant pas de forces à terre très puissantes, ni très nombreuses, il s'est allié au tsar Alexandre 1er de Russie et à l'empereur François 1er d'Autriche.
C'est l'argent des banques londonniennes qui maintient cette fébrile coalition, à laquelle se sont parfois allié la Suède et le Royaume de Naples.
Mais cette guerre est surtout idéologique, car les monarches ayant assisté, impuissants, à la Révolution Française, puis à l'avènement de Bonaparte, tentent d'endiguer la progression des idées révolutionnaires qui gagnent l'Europe.
La mise en place de la bataille
Le 15 aout 1805, la Grande Armée, massée à Boulogne (pour un débarquement en Angleterre, que Napoléon avait envisagé avant la défaite de Trafalgar) marche sur Vienne. En octobre, elle pénêtre en Bavière et défait un contingent autrichien venu stopper son avancée : c'est la bataille de Ulm le 20 aout 1805.
Vienne prise, l'armée se dirige vers la Moravie (actuelle Rép. Tchèque), où s'est retiré l'empereur d'Autriche qu'est venu soutenir le Tsar russe.
Les deux armées (coalition russo-autrichienne et armée française) se retrouvent près d'Austerlitz.
Le général russe Koutouzov, qui dirige la coalition, dirige une armée forte de 85 000 hommes (60 000 russes et 25 000 autrichiens).
Napoléon, quant à lui, ne dirige "que" 75 000 hommes. Le reste de son armée étant restée en arrière pour assurer une possible retraite, mais surtout, pour continuer l'invasion de la Moravie.
Son infériorité numérique ne semble pas le troubler : il a une assez bonne connaissance du terrain, et, contrairement à ses adversaires, il a choisi sa position, ne laissant à Koutousov une position surélevée, que pour feindre son infériorité.
L'armée coalisée occupe donc le plateau de Pratzen, à l'ouest d' Austerlitz, avec 85 000 hommes et 278 canons. Mais cette postion, à premiere vue avantageuse, est difficile à tenir, d'autant que toute retraite semble difficile : à l'est des marais, au sud des lacs gelés.
L'armée napoléonnienne (75 000 hommes et 139 canons) se positionne le long du Goldbach, une rivière qui serpente à l'ouest du plateau.
Au nord, Murat dirige la cavalerie ; au sud, l'infanterie dirigée par le Maréchal Davout occupe les villages de Telnitz et Sokolnitz.
Le reste de l'Armée, nottamment la Garde Impériale et le campement de l'Etat-major, se positionne plus à l'ouest, au village de Sclapanitz.
Avec cette organisation, le sud semble bien dégarni : c'est exactement ce que veux faire croire Napoléon.
1er mouvement : les Autrichiens foncent vers le sud
Le 2 décembre 1805, alors que le jour se lève (il est 5h du matin), les troupes autrichiennes foncent sur Telnitz et Sokolvitz, au sud, pour couper la route de Vienne. Mais l'infanterie française a eu le temps de se préparer : barricades dans les rues, canons à chaques carrefour et fusils à chaque fenêtre accueillent les Autrichiens.
Mais les voltigeurs français ne sont que 200 à tenir la position face à des dizaines de milliers d'Autrichiens. Heureusement, les troupes du Maréchal Davout, restées en arrière (et donc non repérées jusque là par les Autrichiens) viennent en renfort et reprennent le village perdu un instant.
Le Gal Koutouzov s'impatiente et envoie une nouvelle colonne de 40 000 soldats.
2e mouvement : Les Français prennent le plateau de Pratzen
Sur le point de perdre les 2 villages, la Garde Impériale et les troupes des Maréchaux Soult et Bernadotte foncent sur le plateau de Pratzen, la position principale des austro-russes. Il est 9 h du matin.
3e mouvement : La colonne austro-russe est prise en étau
La Garde Impériale, les troupes de Soult et de Bernadotte encerclent alors la charge des coalisés, qui pris par surprise, sont balayés. Les soldats détalent, les généraux abandonnent leur troupes : c'est la débandade. Les canons français installés sur le plateau de Pratzen pillonnent les troupent coalisées s'enfuyant en contrebas. Le Maréchal Davout poursuit alors les Austro-russes en fuite. Certains iront s'enliser dans les marais, d'autres fuyeront par les lacs gelés. Voyant cela, Napoléon, sadique, fait tirer sur la glace des lacs, noyant ainsi les fuyards.
Les troupes coalisées, restées au sommet du plateau, se retirent sur Austerlitz.
4e mouvement : Les Russes essaient de reprendre le plateau
L'élite de l'armée russe essaie de reprendre le plateau, mais Napoléon envoie sa cavalerie et ses Mammelouks sous les ordres de Rapp.
La cavalerie ennemie vole en eclats : le plateau restera français.
Au nord la cavalerie de Murat a contourné le plateau, et est venu harceler les troupes coalisées restantes.
Des "Vive l'Empereur !" et "Vive la Révolution !" retentissent. Il est 17h, la bataille est terminée et l'Empire est sauvé.
Les suites de la bataille
La coalition a perdu 20 000 hommes et les Français... 1 500 (chiffre certainement allégé par la propagande)
La cessation des combats est signé le 5 décembre. Le Tsar Alexandre 1er repart à St Petersbourg, tandis que l'empereur François 1er perd ses territoires au nord de l'Italie et au bord de l'Adriatique (Slovenie et Croatie actuelles)
Napoléon dira à ses hommes :
"Soldats ! Il vous suffira désormais de dire : j'étais à la bataille d'Austerlitz pour que l'on vous réponde : Voilà un brave ! "
Le soir de l'armistice, le 5 décembre 1805, Napoléon fêtera le 1er anniverssaire de son sacre.
source : http://www.austerlitz2005.com et Historia
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